Test salivaire : le dépistage de la drogue au volant

Lors d’un contrôle routier, pour faire un dépistage de la drogue au volant, les forces de l’ordre utilisent un test salivaire. Ce test détecte chez un conducteur les 4 grandes familles de stupéfiants : cannabis, cocaïne, opioïdes et amphétamines.

Si vous êtes est positif à ce test salivaire, les fonctionnaires de police procéderont à une épreuve de vérification. Pour cela il vous sera prélevé soit à nouveau de la salive ou soit du sang. Ces prélèvements seront envoyés à un laboratoire. Seule cette analyse biologique permet de prouver la conduite sous stupéfiant.

Vous pouvez refuser de vous soumettre au test salivaire mais pas aux épreuves de vérification. Si vous refusez le prélèvement de salive ou la prise de sang vous commettez un délit.

Quand la police peut elle faire un test salivaire ?

Jusqu’au 26 janvier 2016, lors d’un contrôle routier, la police ne pouvait soumettre un conducteur à un test de dépistage des stupéfiants que si :

- elle soupçonnait l’existence d’une infraction au Code de la Route pouvant entrainer la suspension du permis de conduire ;

-un accident avait eu lieu

-il y avait une raison de soupçonner que le conducteur avait fait usage de stupéfiants (par exemple, il est constaté que le conducteur a des pupilles dilatées ou présentait un état euphorique).

Depuis le 26 janvier 2016, les forces de l’ordre n’ont plus besoin d’avoir de raisons de penser qu’un conducteur a consommé de la drogue pour le soumettre à un test salivaire (Article L 235-2 du Code de la Route)

Quels types de drogues détecte le test salivaire ?

Les tests de dépistage permettent de voir si un conducteur a consommé du cannabis, des opiacés, des amphétamines ou encore de la cocaïne avant de prendre le volant. (article 1 de l'arrêté du 13 décembre 2016)

Comment se fait le test de dépistage de stupéfiants ?

Le dépistage consiste soit en un test urinaire ou un test salivaire (ce qui est beaucoup plus fréquent). Le test est fait au bord de la route et réagit rapidement si vous avez consommé des produits stupéfiants.

L’introduction des tests salivaires fait que le dépistage à partir d’un échantillon d’urine est devenu extrêmement rare.

Si le test est positif ou si vous refusez de vous y soumettre (ce que vous avez le droit de faire) les forces de l’ordre procéderont ensuite à la vérification. Cette dernière se fera soit par une analyse de sang ou une analyse de salive.

Un conducteur a t il le droit de refuser le test salivaire ?

Tout comme pour le dépistage d’alcool vous avez parfaitement le droit de refuser de vous soumettre au test salivaire.

Cela a été confirmé par la Cour de cassation dans un arrêt du 11 mai 2017 (Cass Crim 11 mai 2017 numéro de pourvoi 15-80136).

Par contre si vous refusez de vous y soumettre, ou en cas de contrôle positif, la police a le droit de vous demander de vous soumettre aux analyses biologiques (que vous n’aurez pas le droit de refuser).

Comment se fait la vérification par analyse biologique ?

La phase de vérification vient après la phase de dépistage. Il s'agit d'une analyse biologique qui sera réalisée par un laboratoire. Avant l’introduction des tests salivaires, les analyses biologiques qui permettaient d’établir la consommation de stupéfiants étaient systématiquement réalisées à partir de prise de sang.

Aujourd’hui l’analyse biologique peut également être réalisée à partir d’un prélèvement salivaire (Article R 235-5 du Code la Route). Cela a été introduit dans un souci de simplification (et donc d’économie) puisque la police n’a plus à solliciter une personne du corps médical pour faire un prélèvement sanguin.

L'échantillon prélevé sera envoyé à un laboratoire qui procédera au dosage des stupéfiants, c’est-à-dire à la mesure de quantité de drogue présente dans votre sang ou votre salive.

Au moment où l’échantillon de salive vous sera prélevé, il vous sera demandé si vous souhaitez également que l’on vous prélève du sang pour réaliser une contre expertise ou la "recherche de médicaments psychoactifs" (Article R 235-6 du Code de la Route)

Je vous recommande de toujours répondre par l’affirmative . Demandez toujours cette prise de sang , même s’il est vous expliqué que cela sera plus couteux (ce qui est faux) ou plus long.

Un conducteur peut il refuser la procédure de vérification ?

A la différence du dépistage vous n’avez pas le droit de refuser le prélèvement sanguin ou salivaire qui doit être envoyé à un laboratoire.

Si vous refusez vous vous rendez coupable d’un délit.

Quelles sont les sanctions pour le chauffeur qui refuse l'analyse de sang ou de salive ?

L'article L 235-3 du Code de la Route précise les sanctions que risque le conducteur qui refuse de donner sa salive ou la prise de sang.

  1. La suspension pour une durée de trois ans au plus du permis de conduire
  2. L'annulation du permis de conduire avec interdiction de solliciter la délivrance d'un nouveau permis pour une durée maximum de 3 ans
  3. Une peine de travail d'intérêt général
  4. Une peine de jours-amende
  5. L'interdiction de conduire certains véhicules y compris ceux pour la conduite desquels le permis de conduire n'est pas exigé, pour une durée de cinq ans au plus ;
  6. L'obligation d'accomplir, à ses frais, un stage de sensibilisation à la sécurité routière ;
  7.  L'obligation d'accomplir, à ses frais, un stage de sensibilisation aux dangers de l'usage de produits stupéfiants.
  8. -La perte de 6 de points sur le permis de conduire.

Vous risquez donc les mêmes sanctions que si il avait été prouvé que vous aviez fait usage de stupéfiants Cependant vous n'aurez aucun des moyens de défense qu'aurait pu utiliser votre avocat pour contester l'infraction de conduite sous stupéfiants.

Conclusion : ne refusez jamais la prise de sang ou le prélevement de salive.

Le dosage de la drogue dans le sang ou la salive est-il important ?

Il sera procédé à un dosage des stupéfiants trouvés dans votre salive ou dans votre sang.

A titre d’exemple l'arrêté du 13 décembre 2016 fixe pour le cannabis dans la salive un taux de : 1 ng de THC /ml de salive, le THC étant le principe actif du cannabis.

Le taux est 10 ng/ml de salive pour les amphétamines, la métamphétamine, la MDMA, la MDA, la MDEA, la cocaïne ou encore la morphine

Ainsi pour le cannabis une première lecture permettrait de penser que si votre taux est de 0,5 ng de cannabis par millilitre de salive vous ne serez pas condamné.

Cependant, la Cour de Cassation dans un arrêt du 14 octobre 2014 a décidé que les taux fixés par le décret sont des taux de détection et non d’incrimination. Cette solution a été réaffirmée le 7 mai 2018 (Cass. Crim. 7 mai 2018)

En termes clairs cela veut dire que pour la Cour de Cassation même s’il est trouvé un taux de 0,5 ng/ml de THC dans votre salive, c'est à dire moitié moins que ce qui est prévu par la réglementation, cela est suffisant pour que vous soyez reconnu coupable.

En effet, même si la quantité de THC retrouvée dans votre organisme est inférieure au taux prévu par le règlement ce que la loi punit est de conduire après avoir consommé des stupéfiants et non de conduire en étant sous l’emprise de stupéfiants.

Cela est tout particulièrement important pour les consommateurs de cannabis. En effet, c’est la seule drogue que l’organisme peut mettre plusieurs semaines à éliminer. A ce titre le site drogue info service vous indique le temps que mettent différents stupéfiants pour être éliminé du sang, de la salive et des urines.

Ainsi, même si votre consommation de cannabis remonte à 2-3 semaines avant de conduire vous pouvez vous retrouver condamné pour avoir conduit sous stupéfiants alors même que vous n’étiez plus sous l’influence de ce produit.

La notification du résultat de l’analyse biologique

Lorsque les résultats des analyses de votre sang ou de votre salive vous seront notifié., Vous aurez un alors un délai de 5 jours à compter de cette notification pour demander l’analyse du prélèvement sanguin si vous l’aviez demandé au moment où il vous avez été prélevé de la salive ( (article R 235-11 du Code de la Route).

Cette demande est à adresser au procureur de la République ou au juge d'instruction.

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Le cabinet est situé dans le 5éme arrondissement de Paris.

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